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États-Unis : Douze États montent au front contre l'offensive transphobe de Trump

États-Unis : Douze États montent au front contre l'offensive transphobe de Trump
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Face à une série de décrets visant à effacer l'identité des personnes transgenres et intersexes des registres fédéraux, une coalition d’États menée par l’Illinois et New York a déposé une plainte historique. En jeu : la protection de millions de citoyens et l’accès à des milliards de dollars de financements publics, désormais utilisés comme un levier de chantage idéologique par la Maison-Blanche.

Le bras de fer juridique est officiellement engagé. Alors que Donald Trump a entamé son second mandat avec une célérité sans précédent pour démanteler les droits acquis des minorités de genre, la résistance s’organise au niveau local. Douze États américains, dont la Californie, l'état de New York, l’Illinois et l’Oregon,  ont déposé une plainte fédérale contre le département de la Santé et des Services sociaux (HHS) et son nouveau secrétaire, Robert F. Kennedy Jr.

Un chantage aux financements fédéraux

Au cœur de cette bataille judiciaire : une directive de l’administration Trump qui exige que tous les États se conforment à une définition strictement binaire du sexe (mâle ou femelle, déterminé « à la conception ») pour continuer à recevoir des subventions fédérales.

Pour des États comme l’Illinois, qui permettent aux résidents de modifier la mention de sexe sur leur acte de naissance par simple déclaration, cette mesure est vécue comme une extorsion. Kwame Raoul, procureur général de l’Illinois, ne mâche pas ses mots :

"L'administration Trump tente de prendre en otage des milliards de dollars pour forcer les états à discriminer et à nier l'existence même des personnes transgenres."

L’effacement des identités intersexes et non-binaires

La plainte dénonce une volonté délibérée de "faire du déni de l'existence des personnes trans, intersexes, et non-binaires une politique officielle". Concrètement, l'administration a déjà ordonné :

La suppression du marqueur « X » sur les passeports.

L'obligation pour les documents d'identité de refléter le sexe assigné à la naissance.

L'interdiction pour les employés fédéraux d'utiliser des pronoms ou des installations (toilettes, vestiaires) correspondant à leur identité de genre.

Les plaignants soulignent que ces mesures violent non seulement la clause de protection égale de la Constitution, mais aussi le titre IX, qui interdit la discrimination fondée sur le sexe dans l'éducation.

Un impact dévastateur sur la santé publique

L’action judiciaire cible également le Dr Mehmet Oz, récemment nommé à la tête des Centers for Medicare and Medicaid Services. Les douze États s'inquiètent des menaces pesant sur le financement des soins d’affirmation de genre, déjà interdits pour les mineurs par décret présidentiel.

En ciblant les programmes Medicaid, l'administration Trump ne s'attaque pas seulement à une "idéologie", mais à l'accès réel aux soins de santé pour les populations les plus précaires. Selon les associations de défense des droits humains, ce climat de répression pousse déjà de nombreux Américains LGBTQ+ à « retourner au placard » par peur de représailles administratives ou de perte de couverture santé.

Et maintenant ?

Le dossier est désormais entre les mains de la justice fédérale. Si la Cour suprême, à majorité conservatrice, a récemment validé certaines restrictions (notamment au Tennessee), cette nouvelle coalition d'États espère créer un rempart légal en invoquant les droits des États à légiférer sur l'état civil de leurs propres citoyens.

Cette lutte est loin d'être terminée, mais elle marque une étape cruciale : celle où les structures de pouvoir locales refusent de devenir les instruments d'une politique de discrimination nationale.

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