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Queer de Rien

Libres,Fièr.es et Rien d'autre!

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Stonewall sans le T : l'amnésie est un poison pour nos luttes

Stonewall sans le T : l'amnésie est un poison pour nos luttes
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Pourquoi vouloir effacer de l'histoire celles qui ont lancé la première pierre ? Alors que des voix s'élèvent pour prôner un divorce entre les identités LGB et la transidentité, il est urgent de rappeler une vérité simple : notre libération ne s'est pas faite en costume-cravate. Elle est née dans le fracas d'une révolte menée par des femmes trans, des personnes racisées et les plus précaires d'entre nous. Vouloir l'oublier, c'est scier la branche sur laquelle repose toute notre dignité.

La petite musique de la sécession

Elle sature de plus en plus l'espace numérique et les débats de comptoir : l'idée qu'il serait temps pour les « LGB » de faire sécession. Le discours est rodé, presque séduisant pour qui cherche une respectabilité de façade. L'orientation sexuelle serait une affaire de désir, l'identité de genre une affaire de concept. Nous n'aurions, paraît-il, « rien en commun ».

Mais cette volonté de dé-queeriser notre mouvement pour le rendre plus digeste aux yeux de la majorité n'est pas seulement une erreur stratégique. C'est une insulte à notre mémoire collective.

Une réécriture historique blanche et cisgenre

Se demander ce que serait Stonewall sans le T, c'est demander ce que serait un océan sans eau. Un non-sens. En juin 1969, au 53 Christopher Street, ce ne sont pas des homosexuels blancs, lisses et bien rangés qui ont tenu tête à la police de New York.

La réalité est bien plus politique : la révolte a été portée par des femmes trans et des personnes non-binaires racisées. Marsha P. Johnson, femme noire. Sylvia Rivera, femme d'origine portoricaine et vénézuélienne. Ce sont leurs visages, leurs corps, leurs combats qui incarnent ce basculement historique. Vouloir exclure les personnes trans aujourd'hui, c'est aussi invisibiliser le fait que notre mouvement doit tout à celles qui subissaient l'imbrication des oppressions — celle du genre et celle de la couleur de peau. Simultanément. Sans pouvoir choisir laquelle ignorer.

L'illusion de la protection par l'exclusion

Certains croient qu'en se désolidarisant des luttes trans, les personnes cis-homosexuelles achèteront leur tranquillité. C'est méconnaître profondément la mécanique des oppressions.

Pour ceux qui nous contestent le droit d'exister, la distinction entre « l'homo sympa » et la « personne trans militante » est une nuance de pure forme — et souvent même pas ça. L'attaque contre le T est toujours le laboratoire des attaques futures contre le reste de la communauté. En acceptant de fragmenter nos luttes, nous trahissons l'héritage de solidarité radicale qui a permis à chacun·e de nous de sortir de l'ombre.

On ne peut pas défiler en juin en excluant le reste de l'année celles, ceux et celleux qui ont payé le prix fort pour qu'on puisse le faire.

L'essence du queer : l'alliance des marges

Chez Queer de rien, on refuse cette logique comptable de l'identité. Ce qui nous lie, ce n'est pas une définition biologique figée. C'est notre refus commun des normes oppressives. Un homme gay, une femme trans noire, une personne non-binaire racisée — tous et toutes font face au même système de domination qui hiérarchise les corps et les vies.

Prétendre que nous n'avons rien en commun, c'est oublier que la fierté est née d'une solidarité de classe, de race et de genre. Stonewall sans le T et sans ses racines racisées n'aurait jamais été une révolution. Ce serait, au mieux, une note de bas de page oubliée par l'histoire.

Restons groupé·e·s. Car si on commence à sacrifier les plus exposé·e·s d'entre nous sur l'autel de la respectabilité, il ne restera bientôt plus rien du mot Liberté.

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