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13 Février 2026
L'émotion est immense en Nouvelle-Calédonie après le meurtre sauvage de Joëlla, une femme transgenre de 45 ans, dans la nuit du 7 au 8 février. Alors que deux suspects ont été écroués, le parcours de la victime et la violence des faits soulèvent une vague d'indignation et de solidarité.
Elle s’appelait Joëlla. Originaire de Normandie et installée en Nouvelle-Calédonie depuis plusieurs années, cette professionnelle du secteur de la santé était une figure connue et appréciée, notamment pour son engagement dans le volley-ball. Elle s’était illustrée par ses performances lors des Jeux du Pacifique, une discipline phare sur le Caillou.
Son parcours s'est arrêté brutalement sur un talus du quartier de Saint-Quentin à Nouméa. Retrouvée dénudée, avec de graves traumatismes, elle n'a pu être réanimée par les secours malgré leur intervention rapide.
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L'enquête a progressé rapidement. Deux hommes, âgés de 19 et 24, déjà connus des services de police pour des faits de vol, ont été interpellés et mis en examen pour meurtre. En garde à vue, ils ont reconnu avoir porté de multiples coups à la tête de la victime. La scène de violence n'aurait pris fin que grâce à l'intervention d'un passant.
Pour tenter de justifier l'injustifiable, les agresseurs ont évoqué de prétendues "faveurs sexuelles" proposées par la victime. Des motifs qui n'ont pas été confirmés par le parquet et qui font l'objet de vérifications minutieuses dans le cadre de l'information judiciaire ouverte pour homicide volontaire.
Le drame a provoqué une onde de choc au-delà des frontières de l'archipel. Localement, les associations Rainbowlution Nouvelle-Calédonie et La Tresse sont montées au créneau pour dénoncer ces violences systémiques. De son côté, l'association Stop Homophobie a exprimé sa profonde solidarité avec les proches de Joëlla, appelant à une reconnaissance ferme du mobile transphobe.
Pour les militants, ce drame rappelle la vulnérabilité extrême des femmes transgenres, souvent cibles de haine sous couvert de "morale" ou de préjugés tenaces.
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La justice devra déterminer si l’identité de genre de Joëlla a motivé ses agresseurs. En droit français, cette circonstance change radicalement la portée du procès :
La circonstance aggravante : Selon l'article 132-77 du Code pénal, si un crime est commis en raison de l'identité de genre de la victime, la peine est alourdie.
La réclusion à perpétuité : Pour un homicide volontaire, l'intégration de ce mobile haineux permet de requérir la réclusion criminelle à perpétuité, contre 30 ans pour un meurtre "classique".
Reconnaissance sociale : Au-delà de la peine, retenir ce mobile est une étape cruciale pour que la justice reconnaisse la réalité des violences transphobes.
N'oublions pas que la transphobie est un délit et qu'elle tue encore!