Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
3 Février 2026
Alors que le principe de non-refoulement constitue le socle du droit international, les États-Unis multiplient les décisions migratoires mettant en péril la vie de demandeurs d’asile LGBTQIA+. Entre accords d’externalisation et procédures accélérées, la machine administrative semble oublier une réalité brutale : pour les personnes queer, l’expulsion vers l’Ouganda ou l’Iran n’est pas un simple transfert, c’est une condamnation à mort.
L’alerte lancée par les associations de défense des droits humains et des avocats spécialisés fait froid dans le dos. Derrière les acronymes administratifs et les chiffres de la politique migratoire se cachent des trajectoires brisées. Des hommes et des femmes qui ont fui l’indicible pour trouver refuge aux États-Unis se retrouvent aujourd'hui confrontés à la perspective d'un retour forcé vers l'enfer.

L’inquiétude est à son comble concernant l’Ouganda. Comment peut-on décemment envisager de renvoyer des individus vers un pays qui a adopté, en 2023, l’une des législations les plus barbares au monde ? L’"Anti-Homosexuality Act" n'est pas qu'un texte de loi, c'est un permis de persécuter. Entre la prison à vie et la peine de mort pour "homosexualité aggravée", l'Ouganda est devenu une zone de non-droit pour toute personne ne se conformant pas à l'hétéronormativité.
Pourtant, des accords de transfert permettent d'y envoyer des migrants pour que leur situation y soit examinée. C'est un non-sens absolu. On ne demande pas à un bourreau d'évaluer la vulnérabilité de sa victime.
Le constat n'est guère plus reluisant concernant les ressortissants iraniens. Le cas d'un couple d'hommes gays menacé d'expulsion, rapporté par The Advocate, illustre la fragilité des protections actuelles. En Iran, la réalité est binaire : c'est la mort ou la torture. Si certaines expulsions sont parfois suspendues in extremis, l'absence de changement structurel dans la politique migratoire maintient ces personnes dans un état de terreur permanente.

En agissant ainsi, les autorités contreviennent au principe fondamental de non-refoulement. Ce principe n’est pas une suggestion, c’est une obligation internationale. En privilégiant des objectifs de contrôle migratoire au détriment de la vie humaine, on assiste à une érosion dangereuse du droit d’asile.
/image%2F7203748%2F20260203%2Fob_b10375_migrant-lgbtqia.png)
Cette situation nous rappelle que la liberté de vivre son identité et son orientation sexuelle est encore un combat mondial. Plus de soixante pays criminalisent toujours ces relations. Que ce soit aux États-Unis ou ici, en Europe, la protection des plus vulnérables ne doit jamais être une variable d'ajustement politique. C'est une question de dignité humaine. Tout simplement.