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Bruxelles : Quand l’internationale ultra-conservatrice s'invite au Parlement européen

Bruxelles : Quand l’internationale ultra-conservatrice s'invite au Parlement européen
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Alors que les institutions européennes se targuent d’être le rempart des libertés, le cœur de Bruxelles a de nouveau vibré, les 2 et 3 février 2026, au rythme d’un sommet aux accents réactionnaires. Sous le parrainage des groupes de Jordan Bardella et Marion Maréchal, le réseau « Political Network for Values » a réuni la crème du lobbying anti-LGBT+ et anti-IVG mondial. Entre alliances trumpistes et invités prônant la criminalisation de nos vies, enquête sur une offensive qui s'installe durablement au sein de l'Union.

 

Le Parlement européen semble être devenu le quartier général de l'internationale ultra-conservatrice. Après une édition marquante en décembre 2024, le 7ème « Transatlantic Summit » s’est tenu les 2 et 3 février 2026 à Bruxelles. Officiellement dédié à la « Liberté d’expression », l'événement, orchestré par le réseau Political Network for Values (PNfV, a servi de tribune à une rhétorique hostile aux droits fondamentaux, avec la bénédiction des groupes Patriotes pour l'Europe (PfE)et ECR.

L’alliance transatlantique de la régression

Le PNfV n'est pas un simple cercle de réflexion. C'est le pivot d'un réseau mondial connectant l'extrême droite européenne aux lobbys les plus radicaux des Amériques. Son président, José Antonio Kast, figure de proue de la droite ultra-conservatrice chilienne, a profité de ce sommet pour appeler à une "alliance pour le bon sens" face à ce qu'il nomme la "tyrannie progressiste ".

Leur manifeste est une attaque directe contre nos identités et nos corps : le mariage pour tous y est dépeint comme une erreur historique, et l'avortement comme un acte qui "ne peut être considéré comme un droit".

Des invités qui prônent la persécution

La liste des participants, validée par les hôtes européens, soulève une question de sécurité éthique pour l'Union. On y a vu :

Lucy Akello (Ouganda) : Députée ayant activement œuvré pour la loi anti-homosexualité de 2023, qui prévoit la peine de mort ou la prison à vie pour homosexualité aggravée. 

Sharon Slater (États-Unis) : Présidente de l'organisation américaine Family Watch International, elle considère l'homosexualité comme un trouble curable par des thérapies de conversion, pourtant dénoncées comme des actes de torture par l'ONU.

Rodrigo Iván Cortés (Mexique) : Fondateur du lobby anti-LGBTQ+ Frente Nacional por la Familia, condamné pour violences transphobes contre une élue.

Paola Holguín (Colombie) : Sénatrice connue pour son opposition farouche aux droits reproductifs, venue renforcer le front latino-américain du sommet.

L'ombre de Trump et du "Project 2025"

La présence de Kevin Roberts, président de la Heritage Foundation (États-Unis), confirme l'ingérence des stratèges de Donald Trump dans les affaires européennes. Roberts est l'architecte du « Project 2025 », ce manuel de gouvernance autoritaire qui vise à démanteler les protections LGBT+ et à interdire l'IVG au niveau fédéral aux États-Unis.

Ce plan, soutenu par les proches de Donald Trump, vise à démanteler les protections LGBT+ et à restreindre l’accès à l’IVG à l’échelle internationale. Pour ces lobbys, Bruxelles est le nouveau front d'une guerre culturelle globale.

 

La résistance s'organise : les réactions politiques

Contrairement aux éditions précédentes, l'opposition a été frontale et documentée :

La Gauche (The Left) et les Verts/ALE : Plusieurs eurodéputés, dont Manon Aubry, ont dénoncé l'utilisation des moyens du Parlement pour "diffuser des discours de haine et de mort". Ils ont officiellement demandé à la présidence du Parlement de suspendre l'accès aux salles pour les organisations prônant des violations des droits humains.

Renew Europe (Centristes) : Par la voix de figures comme Valérie Hayer, le groupe a fustigé une "hypocrisie totale" : utiliser le concept de liberté d'expression pour protéger des lobbys qui, dans leurs pays, travaillent à supprimer la liberté des femmes et des minorités.

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) : Dans une lettre ouverte publiée le 27 janvier 2026, l'association a alerté sur le "dévoiement des valeurs fondamentales de l'Union", rappelant que la liberté de réunion ne doit pas servir de paravent à la promotion de la criminalisation de l'homosexualité.

Réactions : La liberté de nuire ?

Face à la levée de boucliers des groupes de gauche et des associations, les réponses ont été cinglantes :

Du côté des Patriotes pour l’Europe (Bardella) : On invoque la « liberté d’expression » et le pluralisme. Pour le groupe, le Parlement doit être un forum ouvert à toutes les visions de la famille, qualifiant les critiques de " censure wokiste".

Marion Maréchal (ECR) : Fidèle à sa ligne, elle assume le combat contre le "wokiste" et voit dans cette alliance avec les conservateurs américains un rempart nécessaire pour la "civilisation européenne". 

Roberta Metsola (Présidente du Parlement Européen) : Interpellée pour interdire l'événement, elle a maintenu une position strictement procédurale, affirmant que les groupes politiques sont libres d'inviter qui ils souhaitent, tant que l'ordre public est maintenu.

Un financement public pour l'extrême droite et la droite conservatrice? 

Le plus amer dans ce sommet ? Il est hébergé par le Parlement. Si l'argent ne vient pas d'une subvention directe, les moyens logistiques, la sécurité et les salles sont payés par le contribuable européen. On finance donc, en plein Bruxelles, la stratégie de ceux qui veulent effacer les communautés LGBTQIA+.

Nous continuerons de documenter ces sommets de l'ombre. Parce que derrière leurs cravates et leurs discours sur la liberté, ils préparent le terrain pour des lois qui, ailleurs, condamnent à mort.

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