Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
21 Avril 2026
Alors que la 6e édition de la Marche des Fiertés de Faches-Thumesnil devait colorer les rues le 25 avril prochain, la nouvelle municipalité dirigée par Brice Lauret a décidé d'y mettre un coup d'arrêt siffle. Entre retrait de drapeaux arc-en-ciel et annulation brutale, le collectif Lille Pride dénonce une censure politique et maintient son appel au rassemblement. Décryptage d'un bras de fer où la visibilité LGBTQIA+ est prise pour cible.
C’est un coup de tonnerre dans le ciel de la métropole lilloise, mais un tonnerre aux relents de "reprise en main" idéologique. À Faches-Thumesnil, la célébration de la diversité semble n'être plus la bienvenue à l'Hôtel de Ville depuis que la commune a basculé lors des dernières élections municipales. Pour la première fois depuis six ans, la traditionnelle Marche des Fiertés locale est officiellement rayée de l’agenda municipal.
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Le changement d'ambiance est radical. Après plusieurs années sous une municipalité de gauche (LFI) portée par Patrick Proisy, la ville est passée en mars 2026 aux mains de Brice Lauret, à la tête de la liste divers droite (DVD) "Faches-Thumesnil pour vous avec vous". Élu sur une promesse de « retour au sérieux » et de « pragmatisme », le nouveau maire semble avoir placé la visibilité LGBTQIA+ dans ses premières cibles de "réajustement".
Le collectif Lille Pride, chef d'orchestre des festivités, ne décolère pas. Selon les organisateurs, les signaux d'alerte se multipliaient depuis l'installation de la nouvelle équipe. Retards de communication, silence radio des services techniques, et surtout, un geste symbolique fort : le retrait des drapeaux arc-en-ciel qui ornaient la façade de la mairie depuis la création de l'événement.
Si Brice Lauret et ses services invoquent officiellement une « réorganisation des événements locaux » et le « retrait d'un partenaire », l'argumentaire peine à convaincre. Pour beaucoup, cette « contrainte d'organisation » ressemble furieusement à un prétexte pour invisibiliser une communauté dont les revendications dérangeraient la nouvelle ligne politique.

"Ces décisions alimentent un climat déjà tendu", rappelle le collectif Lille Pride dans un communiqué cinglant. Pour les militant·es, la Marche des Fiertés n’est pas qu'un défilé festif, c’est un acte politique nécessaire face à la recrudescence des discours et actes LGBTphobes.
L'annulation intervient d'ailleurs dans un contexte local particulièrement lourd, marqué par des agressions récentes visant des lieux communautaires, comme le centre J'en Suis J'y reste à Lille.
Le message des organisateurs est clair : "On ne nous effacera pas, peu importe la couleur politique de la mairie."
Soutenus par des associations d'envergure nationale comme Stop Homophobie, mais aussi par une intersyndicale solide (CGT, FSU, Solidaires) et des collectifs féministes, les organisateurs ont décidé de braver l'interdiction de fait.
Le bras de fer entre la mairie et le tissu associatif se déplacera donc dans la rue. Malgré l'absence de soutien municipal, le rassemblement est fermement maintenu aux horaires et lieux initialement prévus. Cette mobilisation entend réaffirmer le droit à la présence des personnes LGBTQIA+ et de leurs alliés dans l'espace public, indépendamment des alternances politiques.
L'évolution de la situation à Faches-Thumesnil sera scrutée de près par les observateurs de la vie politique locale, alors que la question de la place des minorités dans les politiques municipales devient un sujet de débat croissant.