Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
6 Février 2026
On pensait avoir fait le tour des tentatives d'entrisme avec les méthodes "naturelles" de Cycloshow-XY. Mais en Savoie, la vigilance est montée d'un cran. Cette fois, c'est l'association Alliance Vita qui s’invite dans un collège privé sous contrat de Chambéry. Sous couvert de "bioéthique", c'est une offensive idéologique qui s'installe au cœur de l'éducation de nos jeunes.
On le sait, l’Éducation à la Vie Affective, Relationnelle et Sexuelle (EVARS) est le terrain de jeu favori de ceux qui voudraient figer la société dans un moule d'un autre siècle. Après les tentatives de l'association pro-vie Cycloshow-XY, c’est désormais un poids lourd du lobbying réactionnaire qui s'implante dans le réseau catholique savoyard : Alliance Vita.

C’est l’association VISA 73 (Vigilance et Initiative Syndicale Antifasciste) qui a levé le lièvre : un cycle de formation a été organisé au collège Saint François de Sales, à Chambéry. L’animateur ? Alliance Vita, structure fondée par Christine Boutin et portée par des figures comme Tugdual Derville.
Loin d'être un simple groupe de réflexion, Alliance Vita est une machine de guerre idéologique. Leurs formations, comme leur "Université de la Vie", traitent de thématiques telles que la fin de vie, l'IVG ou la fertilité. Mais derrière les mots lissés de "bienveillance", le contenu est sans équivoque : anti-IVG radical, remise en cause de la contraception et rejet total de toute parentalité non hétéronormée.
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Pour se justifier, ces établissements invoquent souvent leur "caractère propre".
C’est quoi le "caractère propre" ?
C’est le droit reconnu par la loi Debré (1959) à un établissement privé d'avoir un projet éducatif spécifique (souvent religieux). Cela lui permet de proposer de la catéchèse ou des célébrations. Mais attention : ce caractère propre ne donne pas un permis de contourner la loi. Un établissement sous contrat reste financé par l'État et doit respecter la liberté de conscience des élèves ainsi que les programmes nationaux.
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L’EVARS n’est pas une option, mais une obligation légale. Lors de ces séances, la neutralité scientifique et l'inclusion de tous les parcours de vie, y compris ceux de nos jeunes queer, doivent primer sur le dogme. Le "caractère propre" s'arrête là où commence le prosélytisme réactionnaire.
Ne tombons pas dans le piège de croire que le problème s'arrête aux grilles du privé. L'enseignement public est lui aussi la cible d'une offensive coordonnée. Ici, la stratégie est celle du harcèlement.
On voit pulluler des collectifs de parents d'élèves, souvent proches de la nébuleuse Reconquête (le parti d'Éric Zemmour) ou héritiers de La Manif pour tous, qui bombardent les directions d'établissements publics de courriers types. Leur but ? Faire annuler des interventions du Planning Familial ou de lutte contre les discriminations en criant à la "théorie du genre". Cette pression pousse certains enseignants à l'autocensure, privant les élèves d'informations vitales sur le consentement et la diversité.
Qu’il s’agisse d’entrisme dans le privé ou de pressions militantes dans le public, l'enjeu reste le même : le droit des élèves à une information fiable, scientifique et laïque.
L’intersyndicale éducation (FSU, CGT, CNT, Sud Éducation) réclame aujourd’hui des sanctions fermes, allant jusqu’à la rupture du contrat pour les établissements qui préfèrent l’idéologie aux programmes de la République. Parce que l'apprentissage de la diversité sexuelle ou de genre passe par l'école, Continuons de dénoncer ces tentatives de faire reculer nos droits par la porte de l'école.