Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
11 Février 2026
Sous couvert de "bienveillance relationnelle", le réseau Familya tisse sa toile dans nos territoires, soutenu par la fortune du milliardaire Pierre-Édouard Stérin et les réseaux de la Fondation Saint-Irénée. Pendant que les subventions du Planning Familial fondent comme neige au soleil, ces "maisons" d'un nouveau genre s’installent pour promouvoir une vision de la famille que l’on croyait appartenir au siècle dernier. Entre entrisme scolaire et invisibilisation des parcours Queer, enquête sur un démantèlement organisé.
C’est un glissement de terrain silencieux. Un de ceux qu’on ne remarque que lorsqu’il est trop tard. Depuis quelques mois, un nom revient en boucle dans les dossiers des conseils municipaux : Familya. Derrière ce nom qui sonne comme une application de partage de photos se cache en réalité le fer de lance d'une offensive idéologique sans précédent contre l'autonomie de nos corps.
La méthode est d'une efficacité chirurgicale. Dans des villes comme Orléans ou au sein de divers conseils départementaux, le scénario se répète : on coupe les vivres au Planning Familial au motif qu’il serait "trop politique" ou "trop militant". Et, comme par magie, on finance l’ouverture d’une maison Familya pour "compenser".

Mais attention, on ne remplace pas une institution féministe par une autre. On remplace un espace de droits par un service de coaching. Là où le Planning milite pour l'émancipation, Familya propose de "sauver les couples". On passe d'un droit universel et inconditionnel à une vision de la famille nucléaire, hétéronormée et bien sous tous rapports.
Si Familya a les moyens de ses ambitions, c’est parce que ses parrains ont les poches pleines.
Le portrait : Pierre-Édouard Stérin Le fondateur de Smartbox est devenu le banquier de la droite ultra-conservatrice. Via son "Fonds du Bien Commun", il finance des projets pour restaurer les "valeurs chrétiennes". Son plan, baptisé "Périclès", vise clairement à remplacer les structures progressistes par des alternatives privées alignées sur ses dogmes. Familya est son cheval de Troie.

À ses côtés, la Fondation Saint-Irénée (bras financier du diocèse de Lyon) apporte la caution morale. Ce mélange de capitaux privés et d'influence religieuse permet à Familya de se présenter comme "aconfessionnelle" alors qu'elle est organiquement liée à la pensée la plus traditionnelle de l'Église.
Pour nous, les personnes Queer, cette substitution est une catastrophe. Le Planning Familial est souvent le seul endroit où :
Un·e jeune peut parler de son orientation sans être renvoyé à sa "fragilité familiale".
Une personne trans peut accéder à un suivi de santé sans passer par le tribunal de la psychiatrie.
Le droit à l'IVG est défendu comme un choix, pas comme un drame.
Chez Familya, l’approche "naturelle" domine. On y parle de "santé relationnelle", un terme valise qui évacue totalement les questions de plaisir, de diversité des identités de genre et de luttes contre le patriarcat.
Le plus inquiétant ? L'offensive sur l'école. En tentant de récupérer les agréments d’éducation sexuelle (EVARS), Familya veut entrer dans les classes. Leur but est simple : remplacer une éducation aux droits et au consentement par une éducation à la "maîtrise des émotions" et à la "fidélité". Une manière d'invisibiliser nos existences dès le plus jeune âge.
Le démantèlement du Planning n'est pas une question de budget, c'est une bataille culturelle. Si nous laissons les milliardaires cathos racheter nos espaces de liberté, nous condamnons les plus précaires d'entre nous à l'isolement.
Défendre le Planning, c'est refuser que nos vies soient gérées par le "Fonds du Bien Commun" de Pierre-Édouard Stérin. Nos corps ne sont pas des investissements pour milliardaires en quête de rédemption.