Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
29 Janvier 2026
Le gouvernement de Giorgia Meloni continue de durcir sa politique sociétale, un nouveau projet de loi cible directement les jeunes LGBTQIA+. Sous couvert de « protection de l’enfance », l’Italie s’apprête à voter l’interdiction des discussions sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre en milieu scolaire. Un signal alarmant qui rappelle les heures les plus sombres de la censure et met en péril la sécurité des élèves les plus vulnérables.
C’est une musique que l’on connaît malheureusement trop bien, mais qui résonne de plus en plus fort de l’autre côté des Alpes. Porté par la coalition ultra-conservatrice au pouvoir, ce projet de loi vise à bannir toute forme d’enseignement ou d’activité liée à la diversité de genre et d’orientation sexuelle dans les établissements scolaires.
L’argumentaire des promoteurs du texte est toujours le même : il s'agirait de préserver la « famille traditionnelle » et d’empêcher un prétendu « endoctrinement » des mineurs par ce qu'ils appellent la « théorie du genre », ce concept épouvantail qui ne repose sur aucune réalité scientifique mais sert de levier politique redoutable.
Interdire de parler de ces sujets à l’école, ce n’est pas « protéger » les enfants. C’est, au contraire, les priver d’outils pour comprendre le monde qui les entoure et, surtout, pour se comprendre eux-mêmes. Pour un.e ado trans, une jeune fille ou un jeune homme en questionnement sur une identité de genre, ou une orientation sexuelle, l’école devrait être un refuge, un espace d’information et de bienveillance. En imposant le silence, l’État italien invisibilise les réalités vécues, légitime le harcèlement en faisant de la diversité un sujet tabou, et isole les enseignants qui souhaitent promouvoir l’inclusion.
Au collège et au lycée, le texte introduit une subtilité perverse : ces enseignements pourraient être dispensés, mais uniquement avec l'autorisation écrite et signée des parents. Ce que la droite appelle « liberté éducative » est en réalité un droit de veto sur la réalité.
Une école à deux vitesses : On crée des classes où certains élèves auront accès à la sensibilisation contre les discriminations, tandis que d'autres en seront privés par idéologie familiale.
La fin du sanctuaire : L'école doit être un lieu où l'élève est protégé, même si son milieu familial est hostile. Si un jeune subit de la LGBT-phobie chez lui, et que l'école ne peut l'aider sans l'aval de ses propres parents, le piège se referme sur lui.
L'autocensure des professeurs : Face à la lourdeur administrative et au risque de conflit avec les familles les plus radicales, combien d'enseignants préféreront simplement se taire ?
On aurait tort de croire que cette initiative est un pur produit local. Elle s'inspire très largement de la loi "Parental Rights in Education" (le fameux "Don't Say Gay") adoptée en Floride sous l'impulsion de Ron DeSantis.
C’est une stratégie de "guerre culturelle" globale : on transforme un outil de censure en un prétendu droit civil des parents. Cette vision considère l'enfant comme une propriété de ses parents plutôt que comme un individu autonome ayant droit à une éducation complète et objective. C’est un recul civilisationnel majeur qui nous fait passer d’une éducation qui ouvre sur le monde à une éducation qui enferme dans le dogme.
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Ce projet de loi n’est pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une lignée directe avec les politiques de Viktor Orbán en Hongrie. L’Italie, membre fondateur de l’Union Européenne, prend un virage illibéral qui bafoue les valeurs d’égalité les plus élémentaires.
Ce qui se joue à Rome aujourd'hui pourrait bien donner des idées à certains réactionnaires ici, en France. La liberté d’éduquer et le droit à l’existence ne sont pas négociables.
Solidarité avec la communauté LGBTQIA+ italienne. Ne laissons pas l’école redevenir le placard de l’Europe.