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21 Mars 2026
Le climat de tension entourant les questions de genre et de sexualité au Sénégal vient de franchir un nouveau palier de violence. À Tivaouane-Peulh, Malick Ndiaye, un jeune batteur de tam-tam de 17 ans, a été mortellement poignardé après avoir été la cible d'insultes homophobes. Ce drame survient quelques jours seulement après le durcissement de la législation anti-LGBT par le Parlement.
Le vendredi 13 mars, un drame a secoué la localité de Tivaouane-Peulh, dans l'ouest du Sénégal. Malick Ndiaye, jeune artiste musicien, a été pris à partie par un groupe de jeunes. Selon les informations rapportées par la presse locale, l'altercation a débuté par des insultes en wolof, assimilant publiquement l'adolescent à une personne homosexuelle.
Ce qui a commencé par une agression verbale a rapidement dégénéré en rixe. Au cours de l'affrontement, le jeune batteur de tam-tam a été frappé à l’arme blanche. Malgré sa prise en charge pour évacuation, il a succombé à ses blessures. À ce jour, quatre suspects âgés de 13 à 15 ans ont été interpellés et placés en garde à vue par les autorités.
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Ce meurtre s'inscrit dans un calendrier politique marqué par une répression accrue. Le 11 mars, soit quarante-huit heures avant les faits, le Parlement sénégalais a adopté une loi renforçant considérablement les sanctions pénales contre les relations entre personnes de même sexe.
Que dit la nouvelle réforme ?
Alourdissement des peines : Les condamnations passent désormais à une fourchette de 5 à 10 ans de prison.
Justification politique : Les autorités présentent ce texte comme une réponse à une prétendue « influence extérieure », s'appuyant sur des normes sociales conservatrices.
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Une mise en garde internationale
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme avait alerté sur le fait qu'une telle loi risquait de légitimer la stigmatisation et d'accroître les violences arbitraires.
Au-delà de la dimension judiciaire, l’affaire de Tivaouane-Peulh met en lumière les effets d’un climat social où l’homophobie tend à se banaliser. Dans ce contexte, une simple accusation d'homosexualité — qu'elle soit fondée ou non — suffit à exposer un individu à des risques immédiats de violences physiques.
La jeunesse des agresseurs présumés (entre 13 et 15 ans) témoigne de l'imprégnation de ces discours de haine au sein de la société. Le meurtre de Malick Ndiaye illustre la vulnérabilité croissante des personnes perçues comme faisant partie de la communauté LGBTQIA+, dans un environnement où la loi et les discours publics semblent parfois encourager le passage à l'acte.
Si l’enquête devra établir les responsabilités pénales précises des mineurs impliqués, ce drame interpelle les organisations de défense des droits humains. Le cas de Malick Ndiaye rappelle l'urgence d'un débat sur la protection des individus face à la stigmatisation, afin d'éviter que de telles tragédies ne se reproduisent sous le couvert de la défense des « valeurs sociales ».