Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
7 Février 2026
Aujourd’hui en France, être gros.se est encore perçu par beaucoup comme une "faille personnelle" plutôt que comme une caractéristique physique. Entre les insultes numériques et les discriminations médicales ou professionnelles, le constat est amer. Mais une pétition portée par Harmony Albertini pourrait bien changer la donne. On fait le point.
Si vous trainez un peu sur Instagram ou TikTok, vous connaissez forcément Harmony Albertini. Créatrice de contenus engagée, elle a décidé de transformer la violence qu’elle subit au quotidien en un combat politique. Son objectif ? Que le mot grossophobie sorte du dictionnaire pour entrer dans le Code pénal.
Pour l'instant, si vous allez porter plainte parce qu'on t'a discriminé.e ou insulté.e à cause de votre poids, on va vous parler de l'article 225-1 du Code pénal. Ce texte interdit les discriminations basées sur "l'apparence physique".
Sur le papier, ça a l'air de suffire. Mais dans la vraie vie, c'est le parcours du combattant. Comme le mot "grossophobie" n'existe pas officiellement dans la loi, les plaintes sont souvent classées sans suite. Les policiers minimisent parfois les faits ("c'est juste une réflexion maladroite"), et les victimes finissent par se taire. On invisibilise une violence systémique sous prétexte que le terme n'est pas "écrit noir sur blanc".
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Ce combat, Harmony Albertini ne le mène pas par plaisir, mais par survie. Son quotidien sur les réseaux est un déferlement de haine qui dépasse l’entendement. On ne parle pas de simples critiques, mais d’une volonté de déshumaniser. Harmony reçoit régulièrement des messages d'une violence crue : "Tu es un fardeau pour la société", "Cache-toi, tu dégoûtes", ou encore des injonctions au suicide. En portant cette pétition, elle transforme ces cicatrices numériques en un bouclier collectif.
Et que dire de la chanteuse Mathilde? Si vous avez suivi son parcours depuis The Voice, vous savez que c'est une artiste immense, mais c'est aussi une voix féministe et sorore qui refuse de baisser les yeux. Mathilde, c'est la résilience incarnée. Elle ne se contente pas de subir, elle répond, elle décortique, elle confronte ses détracteurs avec une intelligence redoutable.
Quand elle reçoit des commentaires du type "Lâche la mal bouffe et prends toi en main à la place de banaliser l'obésité et encourager le monde à rester obèse" ou "Putain à part un sans abri ou un sans abri qui sort de 40 ans de prison, je vois pas trop le hors d'homme qui s'intéresse à une grosse de 34 tonnes arrogante, dégueulasse" , elle rappelle avec fermeté que son corps n'est pas un débat public. Elle l'a dit très justement dans une interview :
"On ne traite pas les personnes grosses comme des êtres humains, on les traite comme des problèmes à résoudre. Ma santé ne regarde que moi, mais mon droit à exister sans être insultée regarde tout le monde."
Sa musique est d'ailleurs devenue l'étendard de cette lutte. Dans ses textes, elle ne fait pas de détours :
"Martyre de la cause" : un titre puissant qui explore cette position de cible malgré soi, cette fatigue d'être celle qu'on pointe du doigt, mais qui reste debout.
"Libre" : un véritable hymne à l'émancipation. Elle y chante la reprise de possession de son propre corps et de sa place dans une société qui voudrait la voir plus discrète.
Nous vous conseillons d'ailleurs son magnifique album "La nuit, Le jour"
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Si Harmony et Mathilde se battent, c'est parce que la grossophobie tue, au sens propre comme au sens figuré.
La grossophobie médicale : C'est le déni de soin. Des patient.e.s s'entendent dire "Perdez 20 kilos et ça ira mieux" pour une simple douleur à l'épaule. Cela entraîne des retards de diagnostic graves (cancers ou pathologies cardiaques ignorées) parce que certains médecins ne voient que le chiffre sur la balance.
La grossophobie ordinaire : C'est l'employeur qui ne recrute pas par préjugé, l'impossibilité de s'habiller dignement dans les grandes enseignes, ou les remarques bienveillantes des proches qui sapent l'estime de soi.
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On aimerait croire que nos milieux Queer sont des refuges, mais la réalité est parfois brutale. Au sein de la communauté LGBTQIA+, le culte du corps "fit", cis-normé et musclé est une barrière supplémentaire.
Que ce soit sur les applis de rencontre avec des mentions explicites comme "No fats" ou dans les clubs où le regard des autres peut être d'une violence inouïe, les personnes grosses sont souvent doublement marginalisées. On demande à nos corps d'être des outils de performance politique ou de séduction immédiate, oubliant que l'inclusion commence par l'acceptation de toutes les silhouettes. Reconnaître la grossophobie dans la loi, c'est aussi assainir nos propres espaces.
Vous vous demandez peut-être si cliquer sur un bouton change vraiment la donne. La réponse est clairement oui. Sur la plateforme de l'Assemblée nationale, le chiffre de 100 000 n'est pas symbolique, il est stratégique.
Lorsqu'une pétition atteint ce seuil, elle acquiert une visibilité institutionnelle automatique. Elle est transmise à la Commission des Lois qui a l'obligation de l'examiner. Concrètement, cela force les députés à débattre du sujet. Passer de 50 250 à 100 000, c'est faire passer le message du statut de "bruit numérique" à celui de "priorité politique".
C'est le moment de passer à l'action. Le processus est sécurisé via le site officiel de l'Assemblée nationale.
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