Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
8 Février 2026
Salut à tous.tes,
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Ici Christophe. Je vous écris ce billet alors que Paris est en plein cœur de son dimanche. Il est cette heure charnière où les derniers·ères réveillé·es rejoignent les premiers·ères attablé·es en terrasse, où l'odeur du café se mélange à celle de la liberté. Aujourd’hui, j’avais envie de regarder un peu plus loin que les pavés du Marais pour voir comment bat le cœur de notre communauté ailleurs.
On a souvent cette image du dimanche "traditionnel" : la famille, le poulet rôti, le calme plat. Mais quand on chausse nos lunettes queer, le paysage change radicalement de couleur. Pour beaucoup d'entre nous, le dimanche, c'est notre espace de respiration et de réinvention.
Prends Berlin, par exemple. Là-bas, au moment même où je vous parle, le dimanche est une institution, une zone autonome où les règles s'évaporent. C'est le moment où deux mondes se croisent sur le trottoir : celleux qui vont chercher leurs pains frais et celleux qui sortent de club, les yeux encore pleins de basses.
Dans cette ville, la "messe" dominicale se passe souvent sur le dancefloor d'un lieu comme le Berghain ou le KitKat. C’est une expérience presque spirituelle, une célébration des corps où l'on n'a pas peur du regard de l'autre. Mais le dimanche berlinois, c’est aussi la douceur du parc de Hasenheide ou du Tempelhofer Feld, où l'on voit des familles homoparentales et des collectifs queer pique-niquer en toute liberté. C’est la preuve qu’on peut être à la fois militant·e, hédoniste et apaisé·e.
Ce qui me frappe, c’est cette même énergie qui s'exprime partout ailleurs alors que la journée avance. A Sao Paulo, on se retrouve sur l'avenue Paulista pour transformer le bitume en défilé improvisé, parce que s'afficher au grand jour reste un acte de résistance nécessaire pour nos adelphes.
A Taipei, on partage un thé en discutant des dernières avancées sociales, savourant cette place de pionnière en Asie.
Pourquoi est-ce si important de parler du dimanche ? Parce que c’est le jour où l’on "fait famille" autrement. Pour notre communauté, c'est souvent le moment de la famille choisie. On réinvente les rituels, on se soutient, on débriefe des luttes de la semaine autour d'une table encombrée.
C’est une parenthèse de sécurité émotionnelle où l’on n’a pas besoin de "performer" une identité pour rassurer la majorité.
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On pourrait dire que ce n'est "rien", juste un jour de congé. Mais habiter le monde en tant que personne LGBTQIA+, même le dimanche, c'est occuper l'espace. C'est dire que notre joie est aussi légitime que celle des autres.
Alors, que vous soyez en plein brunch, en train de danser dans la brume d'un club ou de refaire le monde avec vos ami·es et vos proches, n'oubliez pas : votre dimanche est précieux. Profitons de chaque seconde de cette journée, elle est à nous.
Prenez soin de vous, restez fier·e.s, et surtout... savourez ce dimanche.
On se retrouve très vite sur le blog.
Crédit photo : Matthieu Camille Colin