Libres,Fièr.es et Rien d'autre!
25 Mai 2026
Le premier festival français dédié à la lutte contre la sérophobie s'offre une deuxième édition plus ambitieuse que jamais. Deux jours de tables rondes, d'ateliers, de cabaret queer et de théâtre engagé, à la Cité Fertile de Pantin. Entrée gratuite en journée.
Souvenez-vous. Le 10 mai 2025, la Cité Fertile de Pantin vibrait au rythme d'un événement inédit : le Positif Festival, premier festival en France entièrement consacré à la lutte contre la sérophobie. Porté par l'association Shams-France et SuperSéro, l'événement avait réuni des centaines de personnes autour d'un constat simple mais puissant : en 2025, vivre avec le VIH reste un combat, non pas seulement médical, mais social. Un combat contre les préjugés, le rejet et l'invisibilisation.
Un an plus tard, le Positif Festival revient. Et il a grandi.
La deuxième édition se tiendra les samedi 13 et dimanche 14 juin 2026, toujours à la Cité Fertile (14 avenue Édouard Vaillant, 93500 Pantin). Premier changement notable : le festival passe d'une seule journée à un week-end complet. Un élargissement qui n'est pas qu'un détail logistique — il traduit l'élan né de la première édition et la volonté des organisateur·ices de creuser plus profond.
L'événement est cette année co-organisé par Shams-France, Prométhée Concept et la Cité Fertile. La philosophie reste inchangée : une approche positive et intersectionnelle de la lutte contre la sérophobie, loin des discours alarmistes. « Moins de peur, plus d'amour », résume le slogan du festival.
Et la bonne nouvelle tient toujours : l'accès à la journée du samedi est entièrement gratuit, de 11h à 19h. Ateliers, tables rondes, village associatif, DJ sets, dépistage, expositions — tout est en libre accès.
Le programme du samedi s'ouvre avec une table ronde institutionnelle (11h30-12h30) et l'inauguration du village associatif, qui réunira une trentaine de stands d'associations, d'activistes et de partenaires engagé·es.
C'est dans les ateliers et tables rondes de l'après-midi que la dimension intersectionnelle du Positif Festival prend toute sa force. Les thématiques abordées témoignent d'une volonté d'embrasser toutes les réalités des personnes vivant avec le VIH : parentalité et séropositivité, femmes et séropositivité, transidentité et séropositivité, spiritualité et séropositivité, vieillir avec le VIH, prise en charge des PVVIH, ou encore les nouvelles stratégies de prévention.
Ce n'est pas un hasard si ces sujets sont rarement traités ensemble ailleurs. Être une femme trans séropositive, un homme racisé vieillissant avec le VIH, un parent séropositif — ces réalités croisées existent, et elles méritent un espace. Le Positif Festival est cet espace.
Un moment de mémoire est prévu à 17h, suivi de la table ronde des engagé·es, pour une rencontre avec des militant·es et expert·es dans un cadre convivial.
La soirée cabaret, accessible sur billet (15 € en tarif early bird), promet d'être aussi déjantée qu'engagée. C'est cette année Diva Beirut qui prend les rênes de la présentation — un relais de la légendaire Allanah Starr qui officiait lors de la première édition.
Au programme : un concert d'Adrien Fruit en ouverture, puis un cabaret show réunissant une brochette d'artistes qui incarne la diversité et la flamboyance de la scène queer francophone : Lolita Banana, Lolla Wesh, Christophe Madrolle, Chantaaaal, Khookha Mc Queer, Nefer Trauma, Théa Rose, Les Meneuses, Madame du Cri, Christophe Delarue, Chakib — et d'autres invité·es surprises.
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La nuit se poursuit avec les DJ sets de Youss, Bedwin of Arabia, Illa Tonik et La Grande Patricia, jusqu'à 1h30. Autant dire que la Cité Fertile va chauffer.
C'est la grande nouveauté de cette deuxième édition. Le dimanche est consacré au théâtre, avec trois pièces programmées entre 14h et 18h (billet à 10 €), en plus du village associatif en accès libre et d'une table ronde sur jeunesse et séropositivité.
Les enfants endormis plonge dans les archives familiales — photos jaunies, films super 8 — pour retrouver la trace d'un oncle mort du sida dans les années 80, à l'époque où l'on parlait encore de « la maladie des drogués et des pédés ». Un travail de mémoire nécessaire.
Frida Karhla, seul-en-scène écrit et interprété par Carla Antoun et mis en scène par Sherilyn Azzoug, réinvente l'icône Frida Kahlo au prisme des questionnements contemporains sur les normes, les corps et les identités. Un récit qui résonne avec une liberté de représentation et de désir toujours à conquérir.
Aimez-moi met en scène Tristan, un jeune homosexuel qui attend ses résultats de dépistage VIH dans une salle d'hôpital. Entre réalité et fiction, entre désir et manque, la pièce explore l'intime avec une justesse qui touche.
Le programme inclut aussi un Défi Lip-Sync et scène ouverte, porté par l'association Lip-Sync Challenge, compagnie inclusive liée à la communauté queer.
Et pour couronner le week-end, la journée se clôt avec la célébration des 10 ans de Shams-France (19h30-21h30). L'occasion de revenir sur une décennie de combat pour les droits des personnes LGBTQIA+ issues du Maghreb et du Moyen-Orient vivant en France — un engagement qui n'a rien perdu de sa nécessité.
La sérophobie tue encore. Pas au sens littéral — les traitements actuels permettent aux personnes vivant avec le VIH de mener une vie normale et d'atteindre une charge virale indétectable, ce qui signifie qu'elles ne transmettent pas le virus. Mais la sérophobie tue socialement : elle isole, elle stigmatise, elle pousse au silence et au secret. Elle nourrit la peur du dépistage et entrave la prévention.
Le Positif Festival fait le pari inverse : celui de la visibilité joyeuse, de la fête comme acte politique, du savoir partagé comme arme contre l'ignorance. Ce n'est pas un hasard s'il est porté par des personnes concernées — Nicolas Aragona (SuperSéro), l'un des visages les plus visibles de la lutte contre la sérophobie en France, et Yacine Djebelnouar, président de Shams-France.
C'est un festival qui ne compartimente pas. On y parle VIH et transidentité dans le même souffle. On y danse après avoir pleuré. On y fait son dépistage entre deux DJ sets. C'est peut-être ça, l'intersectionnalité en actes.
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L'intégralité des fonds collectés est reversée à l'association Shams-France.