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31 Janvier 2026
Figure de proue des thérapies de conversion et proche de l’entourage idéologique de l’administration Trump, le pasteur Donnie McClurkin est visé par une plainte pour agression sexuelle. Il rejoint une liste de plus en plus longue de croisés "pro-famille", comme l’élu RJ May III, dont les discours anti-LGBTQ+ servaient de paravent à des crimes sordides. Plongée dans l’hypocrisie d’un système qui s’effondre.
Il y a des retours de bâton qui ont le goût amer de la vérité. Donnie McClurkin, l'homme qui a bâti une carrière internationale sur le récit de sa "délivrance" de l'homosexualité, se retrouve aujourd’hui au cœur d'une tempête judiciaire. Un ancien assistant personnel a déposé plainte contre la star du gospel, dénonçant des faits d'agression sexuelle qui auraient eu lieu il y a une décennie.
Si McClurkin fait trembler les bancs des églises, son influence s’étend bien au-delà des chœurs de Detroit. Connu pour sa proximité avec les cercles conservateurs qui gravitent autour de Donald Trump, il incarne cette passerelle entre la droite religieuse la plus dure et le pouvoir politique. Alors que l’administration actuelle renforce ses positions contre les droits LGBTQ+, la figure du "pasteur ex-gay" servait de caution morale idéale pour justifier les politiques de régression sociale.

Le récit de McClurkin a toujours été son arme principale : victime d'abus dans son enfance, il affirmait que son homosexualité n'était qu'une "malédiction" dont la foi l'avait guéri. En prônant cette rhétorique, il a envoyé des milliers de jeunes queer vers les traumatismes des thérapies de conversion. Aujourd'hui, si les faits sont avérés, ils révèlent un schéma classique de prédation où la position de pouvoir spirituel est utilisée pour réduire au silence.
Ce n’est malheureusement pas un cas isolé, mais une méthode systémique. Pendant que McClurkin prêchait la "guérison", un autre soldat de l’idéologie MAGA, l’élu de Caroline du Sud Robert John May III, menait une guerre sans merci contre la communauté transgenre.
Stratège politique influent et membre du Freedom Caucus, May a passé des années à porter des lois visant à exclure les personnes trans des sports et des soins de santé, au nom d'un seul slogan : « Protéger l'innocence de nos enfants ». Le masque est tombé avec fracas en 2025. Celui qui dépeignait les personnes queer comme des prédateurs a été inculpé pour possession et distribution d’images pédopornographiques (CSAM). L'enquête a révélé l'utilisation de pseudonymes pour échanger des centaines de fichiers impliquant de très jeunes enfants.
Il y a là une ironie tragique, mais surtout une stratégie politique délibérée. En pointant du doigt les drag queens et les personnes trans comme des menaces "existentielles", ces figures détournent l'attention de leurs propres dérives. C'est la technique du miroir inversé : accuser l'autre de ce que l'on commet soi-même.
Le constat est sans appel : La panique morale contre les personnes LGBTQ+ n'est souvent qu'un pare-feu pour protéger des agresseurs bien réels, nichés au cœur des institutions conservatrices.
Devons-nous vraiment nous étonner? Ces scandales ne sont pas seulement l’histoire d’hommes isolés, c’est celle d’une idéologie qui utilise la haine de soi et des autres comme fonds de commerce. En s'alliant à une administration qui fait du recul des droits une priorité, ces hommes pensaient être protégés par leur aura de "bons croyants" ou de "patriotes".
Mais la justice des hommes, bien que lente, n'a que faire des alléluias ou des slogans électoraux quand les témoignages et les preuves s'accumulent. Il est temps que les masques tombent, et que ceux qui ont fait du placard et de la stigmatisation un dogme rendent enfin des comptes.